À l'origine était l'urbanisme...
L'urbanisme est, depuis toujours, une priorité pour les élus des collectivités locales, notamment dans les grandes villes ; les outils éprouvés de la planification urbaine attestent de cette attention (habitat, déplacements, activités économiques et commerciales...). Le travail aux échelles intercommunales a conduit depuis quelques décennies à une évolution du cadre de pensée en incitant à raisonner en termes d'aménagement du territoire et d'équilibre entre les diverses fonctions urbaines et rurales puis, depuis la loi Engagement national pour l'environnement, dite « Grenelle II », la nécessaire maîtrise de la consommation des espaces naturels et agricoles a permis d'élargir le dialogue aux péri-urbains et aux agriculteurs.
...puis l'agriculture revint.
L'agriculture s'est donc récemment invitée aux débats des collectivités locales, non seulement pour préserver les espaces de production, mais aussi en tant qu'activité économique potentiellement re-localisable, au moins en partie, notamment dans ses attendus industriels et commerciaux. Les enjeux énergétiques posent aussi la question du raccourcissement des filières agro-alimentaires tandis que les enjeux sociaux et environnementaux en faveur de la qualité de l'eau et de l'alimentation remettent les habitants-consommateurs au premier rang des politiques publiques.
En France, la force et l'organisation du secteur agricole ont longtemps laissé penser que les élus des collectivités territoriales n'avaient pas à s'occuper d'agriculture. L'évolution des enjeux territoriaux montre aujourd'hui que c'est au contraire une dimension indispensable à la définition de toute politique urbaine. Les enjeux agricoles ne sont pas seulement primordiaux dans le diagnostic des documents de planification, ils entrent de plain-pied dans des plans d'action permettant aux acteurs d'un même territoire de s'adapter aux nouveaux enjeux et d'y répondre par des solutions négociées.
Et les collectivités se mirent à innover et expérimenter
Comme souvent, motivés par ce besoin nouveau, les collectivités ont inventé divers outils sur mesure avant même que les législateurs ne s'y consacrent. Pour prendre en compte de l'agriculture dans les projets de territoire, de nombreuses collectivités en France se sont lancées dans des diagnostics et des plans d'actions qui fédèrent les acteurs agricoles et permettent de faciliter une vision stratégique partagée. Ces projets de territoire ont alors émergé sous de multiples dénominations (plan local de l'agriculture, charte foncière, programme alimentaire territorial, convention partenariale agricole...).
Les dix fiches qui suivent illustrent ce propos et montrent la diversité des objectifs et de la mise en oeuvre de ces politiques agricoles locales, au plus près des enjeux spécifiques et des conditions locales.