L'ensemble des Iles Chausey forme un des rares archipels des côtes de France et surtout un des plus grands et des plus singuliers. Il offre un cadre naturel exceptionnel avec, à marée basse, une multitude d'îlots, de rochers, d'écueils, parsemés sur des étendues de sable et de vase.
Chaque île, personnalisée par son climat, sa situation maritime, son sol, sa faune et sa flore, constitue une entité géographique et biologique. La Grande-Ile, spécialement, présente, sur une surface réduite (45ha), des paysages variés (lande à Ajoncs, pelouse rase, bocage, dune, marais, côtes rocheuses) qui lui donnent une configuration originale.
La flore n'est pas d'une grande richesse, mise à part la présence d'un Fucus rare (Fucus lutarius), mais son aspect particulier a occasionné d'intéressantes études.
La faune, en général, est peu connue sauf en ce qui concerne les oiseaux. L'avifaune terrestre
de l'archipel, inféodée en réalité à la Grande-Ile, s'avère, sur le plan qualitatif, d'une surprenante richesse (33 espèces nicheuses). D'autre part, l'archipel constitue une étape pour les migrateurs.
Les îles et les îlots abritent également des populations d'oiseaux marins intéressants (Tadorne, Sternes Pierregarin et Caugek, Cormoran huppé, Goélands brun et argenté) et des populations d'importance nationale (Grand Cormoran : 50 % des effectifs "français" ; Goéland marin : 15 % environ et Huîtrier-pie : 12 %).
Par ailleurs, les immenses surfaces d'estran (50000ha), qui se découvrent à marée basse, attirent les pêcheurs de Mollusques et de Crustacés, surtout aux équinoxes. De plus, les eaux froides qui
entourent les îles sont poissonneuses.
Toutes ces richesses naturelles font que l'archipel présente un grand attrait touristique. Or, les milieux insulaires sont plus fragiles que d'autres du fait de la faible superficie des îles et des îlots. Ils subissent actuellement une sur-occupation estivale avec un nombre impressionnant de touristes journellement. L'archipel, dans son ensemble, est menacé (plaisanciers, visiteurs) et la dégradation du milieu naturel est visible, en particulier sur la Grande-Ile.
Pour préserver le caractère unique de ces milieux, il a donc été envisagé de créer un Parc National. Dans cette optique, l'étude des Mammifères phytophages (sauvages) présents sur l'archipel a été proposée.
Il a donc été fait un inventaire des espèces et une cartographie de leur répartition. Les problèmes soulevés par la détérioration de la végétation ont nécessité de définir le régime alimentaire de deux Mammifères phytophages sauvages (le Lapin de garenne et le Surmulot) qui pouvaient, par leurs prélèvements, jouer un rôle dans l'évolution des formations végétales. Puis différentes mesures sont proposées pour "enrayer" la dégradation en cours.